Balade sur le port

Ce week-end, c'est le dernier jour des vacances scolaires. Un superbe soleil rayonne dehors, comme un avant-goût de printemps, bien que nous sommes seulement en février et que la température extérieure frise le zéro.

C'est un froid sec, comme on les aime. Du moins pour sortir, je ne parle pas ici des conséquences climatiques et environnementales induites par le manque de précipitations, bien que j’en ai conscience.

Nous décidons de profiter de ce beau soleil et partons en balade à quelques kilomètres de chez nous, dans la ville de Pornic.

Pour ceux qui l'ignorent, Pornic est située sur la côte atlantique, elle surplombe l'océan. Son port est d'une beauté rare, avec des maisons à l'architecture si typique. On y découvre aussi son ancien casino face aux bateaux, la Fraiseraie, glacier incontournable du secteur, et une promenade en bois, sur pilotis qui longe le rocher où domine le Château de la ville.

Lorsque j'étais petite fille, c'est ici que nous venions en vacances déguster une bonne glace à la fraise. Rien ne me faisait penser à l'époque que je vivrais un jour ici... Mais finalement, pas de hasard.

Nous nous garons près du pont, là où se trouve le carrousel réclamé par les enfants. Nous avons de la chance, car c'est à peu près le seul manège ouvert avant les vacances de Pâques.

Après deux tours de cheval qui monte et descend, de bateau pirate et autre vieux coucou vintage, nous marchons un peu. Du moins c'est ce que pensent les enfants qui ignorent que je les emmène chez le glacier, histoire de bien finir ces vacances.

Nous nous arrêtons sur le pont pour prendre une photo. Les enfants forment un cœur avec leurs mains collées l’une à l’autre, et dedans on peut y apercevoir le château de Pornic. Oui, nous aimons les clichés sous toutes leurs formes.

Nous longeons les quais, la foule est déjà là. Pas autant qu'en juillet bien sûr, période où ces quartiers sont quasiment impraticables. Mais je suis étonnée de voir autant de personnes à cette date.

Voilà que nous remontons le quai, tranquillement tous les cinq. Nous nous arrêtons pour admirer le mât d'un voilier, une mouette qui vient grignoter les cornets de glace émiettés par les gourmands du dimanche. On flâne, le cœur léger et le sourire aux lèvres.

Bientôt, on passe devant le Marius, restaurant branchouille qui a pris place dans l'ancien casino. Sa terrasse est bondée, comme toujours : c'est un peu THE PLACE TO BE sur le port pour les m'as-tu-vu...

Bientôt, nous faisons du lèche vitrine devant cette boulangerie qui fait des Kouign-Amanns délicieux. En tout cas, selon les dires de mon mari breton.

Puis nous arrivons au bout d'une file d'attente assez conséquente. La Fraiseraie, "oh maman tu m'as fait une blague quand tu as dit que c'était fermé" me dit mon aîné. Et voilà mes loulous heureux, comme un matin de Noël. Nous choisissons notre parfum, ce qui n'est pas une mince affaire quand on connaît la carte et la qualité des glaces de cette enseigne. Pour ma part, ce sera mirabelles. Nous nous asseyons, toujours au même endroit, comme un petit rituel familial. Ma puce prend son temps et se délecte de chaque bouchée, si bien que rapidement, nous attendons tous après elle.

Le petit dernier s'impatiente, aussi mon mari décide de partir en duo père-fils, chacun avec sa gavroche vissée sur la tête. Le style poulbot donne le sourire aux anciens sur le port, ce qui tombe bien puisque mon mari, toujours d'humeur joyeuse, adore mettre des sourires sur les lèvres des passants.

Célestine ayant terminé sa glace, nous nous mettons en route nous aussi. Je décide de vivre cette remontée du quai en pleine conscience.

Je savoure les rayons du soleil qui me chauffent la joue alors que le vent froid du nord nous glace le sang. Nous marchons à une allure calme et tranquille, aussi, à chaque fois que nous croisons des personnes marchant au même rythme que nous, nous profitons d'un extrait de leur conversation.

Voilà que j'entends des jeunes, au discours écolo, se moquer d'un ancien et de sa voiture qu'il fait ronfler comme jamais.

J'entends ensuite une femme qui dit que "la mère Michèle a déjà 70 ans" et bien sûr, je me demande si elle a retrouvé son chat. Je rigole toute seule.

L'espace d'un instant, j'ai l'impression d'être plongée dans l'univers d'Amélie Poulain, lorsqu'elle fait traverser cet homme aveugle et lui décrit la vie du quartier.

Au même moment, nous arrivons devant le carrousel qui diffuse une musique style Edith Piaf à l'orgue de barbarie. Cette fois, je suis vraiment rendue à Montmartre !

Déjà, je rejoins mon mari et mon bébé qui m'attendent sur le parking en souriant.

Mes grands nous remercient pour ce super moment sur le port.

Voilà à quoi ressemble notre bonheur.

Elodie K

Mère d'une famille complètement atypique, défenseuse du "slow" et amoureuse de la vie. Ici pour vous partager mes réflexions, mes prises de conscience et mes moments suspendus.

Elodie K

Mère d'une famille complètement atypique,

Défenseuse du "slow"

Amoureuse de la vie

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